2025-2029 : un nouveau contrat entre l'État et l'IGN
C’est, pour l’IGN, le document stratégique par excellence : le Contrat d’objectifs et de performance (COP) signé entre l’État et l’Institut constitue une feuille de route engageante, fixant les objectifs de l’institut pour les cinq années à venir.
D'un COP à l'autre
Une transformation bien engagée
Le précédent COP, qui couvrait la période 2020-2024, a été signé à l’aube d’une profonde transformation à l’Institut, liée à l’ouverture de ses données et à la refonte de son modèle économique. L’IGN a fait de ses données l’enjeu central de sa raison d’être, pour devenir un opérateur data au service de la République, fédérant un large écosystème.
Tout un pan de son activité s’est structuré en appui aux politiques publiques, en matière de transition écologique, d’aménagement, de prévention des risques, d’agriculture, de soutien aux forces armées. En parallèle, l’IGN a renforcé son rôle en matière de connaissance forestière, avec la mise en place de l’Observatoire des forêts françaises. Cette période a aussi été marquée par un investissement important dans l’innovation et la technologie, qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle, de la 3D, du cloud ou du spatial.
De nouveaux défis à relever
Les enjeux de ce nouveau COP n’en sont pas moins grands. L’anthropocène qui bouleverse nos sociétés et nos territoires, et le défi d’un jumeau numérique du territoire pour piloter le changement ; le contexte géopolitique qui se tend et appelle à inventer le futur de la géographie militaire ; la nécessaire souveraineté à reconstruire dans la technologie et le numérique; une action publique appelée à plus d’efficacité et de mutualisation...
L’IGN a le devoir et l’ambition d’être au rendez-vous. Ce nouveau COP liste les défis qui l’attendent sur cette route.
Transition écologique, aménagement du territoire, défense, transition énergétique… Aujourd’hui, la donnée géographique est au centre de tous les grands sujets qui dessinent l’avenir de notre pays.
Ces dernières années, l’IGN s’est donc mué en opérateur data de la République et en bras armé des politiques publiques, avec une ambition : outiller la Nation pour comprendre son territoire à l’heure des grands bouleversements environnementaux et numériques.
Publiée à l’automne 2025, une circulaire du Premier ministre est venue confirmer ce rôle en demandant à tous les ministères de faire appel à l’IGN lorsqu’ils ont des besoins de données ou services géographiques.
La BD France, une offre globale et souveraine
Ce sera le nouvel instrument phare de la connaissance du territoire national : la BD France, offre souveraine de données vectorielles, rassemblera les grands référentiels géographiques du pays.
Mettant en cohérence les données qui la composent, elle permettra à tous de comprendre, représenter, analyser et participer à la description de l’évolution du territoire.
La BD France marque un tournant : elle ouvre la base aux producteurs externes dans un modèle de co-production facilité, avec une gouvernance partagée.
Huit thématiques sont au menu : limites et unités administratives, bâti, hydrographie, lieux nommés, occupation du sol, services et activités, transport et zones réglementées.
Le climat change... notre territoire aussi, et ses évolutions sont plus rapides que jamais.
Pour aider les pouvoirs publics à suivre et à piloter ces phénomènes, l’IGN va entretenir et renforcer sa capacité d’observation et de représentation en continu du territoire et de ses changements et ce, aux échelles adaptées à l’action.
Pour cela, l’IGN s’engage à fédérer des écosystèmes pour répondre aux besoins cartographiques des autorités et mettre en cohérence toutes les données descriptives du territoire, et à moderniser les processus de production, construits sur une excellence technologique souveraine.
Des sources variées de données
Satellites, avions, drones, radar, LiDAR… autant d’outils qui permettent d’observer le monde avec une résolution et une fréquence toujours plus grandes. L’IGN croise ces différentes sources de données, grâce notamment à l’intelligence artificielle, pour révéler des phénomènes complexes.
Ce mixte technologique permet de proposer aux acteurs publics une offre enrichie de produits qui répondent au mieux à leurs besoins.
De l'IA pour accélérer
L’anthropocène appelle à un effort rapide et accru de description des transformations subies par les territoires du fait des activités humaines. L’intelligence artificielle fait partie des leviers permettant de fournir des référentiels cartographiques actualisés sur les enjeux écologiques majeurs (artificialisation des sols, potentiel de biodiversité, santé des forêts, recul du trait de côte…).
Comptant déjà plus de trente experts IA dans ses rangs, l’IGN continue de miser sur cette technologie en généralisant son usage dans les chaines de production, notamment à travers son modèle de fondation MAESTRO pour le traitement de données complexes, et en investissant dans les compétences de ses ingénieurs et la formation.
L'institut explore aussi le terrain de l'IA générative. Avec son connecteur GéoLLM, il offre la possibilité de connecter l'assistant IA de son choix aux données de l'institut, pour une interrogation en langage naturel.
Et parce que la technologie est aussi un enjeu démocratique, l’IGN est engagé dans une politique d’ouverture de ses données, méthodes et outils relatifs à l’IA.
Sécheresses, canicules, épidémies ou incendies… le dérèglement climatique menace la bonne vitalité des forêts.
Vigie des forêts françaises, l’IGN se fixe comme ambition d’être le référent public en matière d’information forestière. Pour cela, l’Institut finalise et met en œuvre un Schéma directeur de l’information forestière. Celui-ci dresse la trajectoire de l’IGN sur ce sujet jusqu’en 2030, avec trois axes de travail : mettre la forêt en cartes, mettre la forêt en chiffres et diffuser l’information pour tous les usages.
Parmi ses objectifs : mobiliser les meilleures technologies en cours (IA, Lidar, satellite...) pour produire une cartographie de référence des espaces forestiers et rapprocher les référentiels de l’échelle locale.
Un nouvel inventaire forestier territorial multi-source permettra ainsi de produire des données fiables à l’échelle des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). La simulation sera aussi explorée à travers le développement d’un jumeau numérique de la forêt.
En parallèle, l’IGN anime l’Observatoire des forêts françaises en étroit partenariat avec l’ONF, le CNPF, France Bois Forêt et l’OFB, sous l’égide des ministères chargés de l’écologie et des forêts. Lancé en 2023, cet Observatoire a pour objectif de partager et de faciliter l’accès aux données et connaissances sur l’état des forêts, afin d’appuyer l’aide à la décision.
20 C’est le nombre d'essences qui seront distinguées, fin 2029, dans la nouvelle cartographie des essences forestières au sein de la BD Forêt®.
Parce qu’ils offrent la possibilité de visualiser le territoire et de simuler ses évolutions selon différents scénarios, liés par exemple au changement climatique ou à de nouvelles politiques d’urbanisation, les jumeaux numériques s’imposent comme le futur de la carte.
C’est pourquoi l’IGN s’est fixé comme ambition de fédérer, avec le Cerema et INRIA, une « équipe de France » du jumeau numérique.
Objectif : proposer un cadre et un socle technique qui favoriseront la mutualisation des initiatives, le passage à l’échelle et la collaboration entre les acteurs de la donnée publique, les porteurs de politiques publiques, les industriels innovants et les instituts de recherche.
À la clef, un outil précieux de visualisation et de simulation pour la prise de décision éclairée par les collectivités locales et les acteurs publics.
200 C'est le nombre de réponses reçues par l'IGN, le Cerema et Inria dans le cadre de leur appel à communs lancé en 2024 pour fédérer l'équipe de France du jumeau numérique
Dans un contexte de tensions croissantes, il est crucial de maîtriser nos capacités informationnelles.
Les armées françaises connaissent une véritable révolution de la donnée. Au-delà des enjeux de cartographie qui restent pleinement d’actualité, il s’agit donc de transformer le dispositif d’alimentation des systèmes d’armes et des systèmes d’aide au commandement en géoinformation.
Afin de répondre à cet enjeu dans le contexte actuel, les dernières technologies devront être mobilisées, tant sous l’angle de leur élaboration que de leur utilisation pour la conduite des opérations.
Pour cela, l’IGN se montrera force de proposition auprès des armées, afin de définir et d’accompagner cette transformation.
Outiller les acteurs publics, des services déconcentrés jusqu’aux collectivités, pour piloter le territoire : telle est l’une des grandes missions de l’IGN qui mise pour cela sur les géocommuns et la Géoplateforme.
Cartes.gouv.fr
C’est le service public des cartes et données du territoire. Remplaçant le Géoportail à partir de 2026, il propose une offre complète permettant de visualiser, de comprendre et de s’approprier les données géographiques utiles à la décision, et même de créer ses propres cartes. Il s’appuie sur la Géoplateforme, l’infrastructure publique ouverte et collaborative développée par l'IGN.
Accéder au site cartes.gouv.fr
La Fabrique de la donnée territoriale
Créée en 2021, la Fabrique des Géocommuns s’est muée en 2025 en Fabrique de la donnée territoriale. Objectif : mieux rassembler les acteurs locaux et nationaux dans des projets de données harmonisées au service de la connaissance des territoires et des politiques publiques.
La cartographie des services publics
Recensant tous les guichets de services publics à une échelle fine, ce nouvel outil permet de visualiser les zones de tension en mettant en regard l’offre de services publics avec les caractéristiques des territoires et des populations. Une cartographie précieuse pour garantir l’accès aux services publics de tous les Français sur l’ensemble du territoire.
L’IGN se mobilise pour développer les compétences en géo-information au bénéfice de la souveraineté et de la compétitivité de la France.
L’attractivité de son école, Géodata Paris, va évoluer et se renforcer pour former un nombre croissant de talents (100 ingénieurs par an dans le
géonumérique) et mieux répondre aux besoins des entreprises et administrations.
L’institut fait aussi du rayonnement du corps des ingénieurs des sciences géographiques et du numérique dans la sphère publique une priorité pour les années à venir
Des technologies à la pointe
Fort d’une recherche de qualité et d’une expertise technologique reconnue, l’IGN intervient sur l’ensemble de la chaîne de la donnée
géographique, de la production de données – renforcée par le mixte technologique – à leur traitement, représentation et diffusion. Utilisée dans plusieurs projets phares (LiDAR HD, OCS GE,…), l’intelligence artificielle va continuer à être déployée pour accélérer les productions et répondre ainsi aux besoins de la transition écologique.
Des alliances pour innover
Développant en continu son réseau d’acteurs publics et privés (startups et PME), Datalliance continuera à structurer un cadre propice au
passage à l’échelle de solutions innovantes en réponse aux priorités des politiques publiques de transition.
Ce dispositif a vocation à devenir une pierre angulaire du projet de Jumeau numérique de la France et de ses territoires.
Si l’IGN a connu des évolutions importantes ces dernières années, plusieurs mutations vont continuer à marquer la vie du collectif, avec par exemple le développement de l’automatisation dans les processus de production.
Tous les agents de l’IGN doivent pouvoir être partie prenante de ces transformations, basées sur la collaboration, l’innovation, le partage d’expériences, les boucles de rétroaction et l’intelligence collective.
Il appartiendra à la direction et au management de l’institut de conduire ces évolutions en prêtant une attention permanente à leur dimension humaine et en veillant au meilleur dialogue social.
20 C'est le nombre de sujets que l'IGN aura développés en "mode produit" à l'horizon 2029.
Une carte ne sert pas seulement à aller d’un point A à un point B. Dans un monde qui se transforme, elle est un formidable outil de connaissance et d’exploration d’un territoire, et d’une aide indispensable pour révéler et comprendre des phénomènes complexes.
Elle est même un levier de démocratie, que l’IGN continuera de promouvoir avec conviction, sous toutes ses formes.
Le "TOP" des cartes papier
Les cartes papier poursuivront leur évolution, la nouvelle gamme «Top» délaissant peu à peu les itinéraires routiers au profit des nouveaux usages des activités de plein air, de tourisme et de découverte des territoires sous toutes ses formes.
Des cartes thématiques
Grâce à son Atelier de cartographie thématique lancé récemment, l’IGN souhaite continuer à innover pour représenter et mettre en valeur des données sur des problématiques précises.
La République des cartes
Remettre la carte sur la table des Français, et révéler son pouvoir de levier démocratique : telle est l’ambition de la République des cartes, une initiative initiée en 2025 par l’IGN avec une dizaine de partenaires.
Des cartes événementielles
Les grands événements sont autant de belles occasions de faire découvrir à tous le pouvoir des cartes en version XXL, comme celle-ci sur laquelle 500 000 personnes ont pu marcher à l’automne 2024 sur la place Stanislas à Nancy.



