Balade en forêt

Une mosaïque d’écosystèmes forestiers

La France se compose de multiples écosystèmes forestiers, fruits d’une combinaison de climats, d’une grande diversité de sols et de facteurs socio-économiques et historiques. Tour d’horizon des principales caractéristiques des forêts hexagonales, de Corse et d’outre-mer, et de leurs spécificités respectives.

Publié le 15 septembre 2026

Notre pays possède la quatrième plus grande forêt d’Europe derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne. Situé à la croisée de trois grandes influences climatiques européennes (méditerranéenne, continentale et océanique), il se distingue par une grande variabilité de milieux forestiers. L’étagement des forêts du niveau de la mer jusqu’à la limite altitudinale de la végétation en montagne, combiné à sa grande variété de substrats géologiques et de sols, accentue la richesse de ses paysages forestiers. Les forêts du territoire hexagonal et de la Corse sont diversifiées en essences (feuillus, résineux), lesquelles peuvent être en peuplements purs, dès lors qu’une même espèce d’arbre constitue plus de 75 % de la canopée, ou bien peuplements mélangés, lorsque deux essences ou plus composent le couvert forestier. La diversité des méthodes sylvicoles (futaie régulière ou irrégulière, taillis…) offre, par ailleurs, des conditions propices à la coexistence d’une large variété de plantes, d’animaux et d’insectes. Cette diversité biologique est un atout pour permettre aux écosystèmes forestiers de faire face aux crises sanitaires et climatiques.

Des peuplements plus mélangés à l’est

Selon les observations effectuées chaque année par l’IGN sur 14 000 placettes forestières de 2 000 mètres carrés réparties sur tout le territoire national, les forêts de France hexagonale et de la Corse comptent en moyenne cinq essences d’arbres différentes1. Des variations significatives existent toutefois entre les différentes régions sylvicoles, conséquences du contexte biogéographiques et des choix sylvicoles. Alors que les forêts localisées sur les plateaux calcaires du nord-est de la France et les contreforts du Jura comptent en moyenne sept espèces d’arbres, le nombre d’essences recensées diminue à mesure que l’on se rapproche du pourtour méditerranéen, où il avoisine les trois espèces par placette forestière. Avec moins de deux espèces identifiées par site d’observation, les Landes de Gascogne restent la région de France la moins diversifiée en termes d’essences1.

Dans les quelque 8,3 millions d’hectares de forêt où aucune espèce ne domine1, différentes essences de feuillus se partagent l’espace, parfois avec des conifères, le cas de plusieurs espèces de ces derniers cohabitant sans feuillus étant plus rare. Dans leur majorité, ces forêts diversifiées ne comportent pas plus de quatre essences, mais un tiers d’entre elles abritent six essences ou plus. À titre de comparaison, seuls 6 % des milieux forestiers d’Europe atteignent un tel niveau de diversité2.

Des milieux façonnés par la géographie

La forêt française jouit, en outre, d’une grande diversité biogéographique. Montagnes, plaines, zones côtières, vallées des grands fleuves façonnent sa physionomie et la biodiversité de ses écosystèmes. Les forêts assurent un bouquet de fonctions variées. Certains massifs forestiers de plaine, comme ceux composant le parc national de forêts, sont le refuge d’espèces patrimoniales, à l’instar de la très discrète cigogne noire. La forêt domaniale de Bercé, dans la Sarthe, héberge pour sa part de nombreux chênes remarquables, dont huit spécimens ont servi à la reconstruction de la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Les forêts littorales, même si elles se cantonnent aux tout premiers kilomètres des façades méditerranéenne et atlantique, jouent néanmoins un rôle essentiel dans la lutte contre l’érosion des sols et d’adaptation des zones côtières au changement climatique.

Quant aux forêts de montagne, elles assurent une double fonction de protection et de production de bois, tout en contribuant à la qualité des paysages et à la préservation de la biodiversité. Ces écosystèmes interviennent aussi dans la régulation des eaux superficielles et souterraines. Reste le cas des forêts alluviales, dont la superficie atteint 600 000 hectares, soit environ 4 % de la forêt hexagonale3. Localisés en bordure de cours d’eau, ces milieux ont été fragilisés par la croissance urbaine, la modification des pratiques agricoles ou l’endiguement des fleuves et des rivières3. Les forêts alluviales restent précieuses, puisqu’elles participent à la régulation naturelle du cycle de l’eau, tout en servant d’habitat à une grande variété d’espèces.

« La forêt française jouit d’une grande diversité biogéographique. Montagnes, plaines, zones côtières, vallées des grands fleuves façonnent sa physionomie et la biodiversité de ses écosystèmes. »

L’exceptionnelle richesse des forêts ultramarines

Les forêts des cinq Départements et régions d’outre-mer (Guyane, Guadeloupe, Martinique, La Réunion et Mayotte) représentent à elles seules un tiers de la superficie des forêts françaises. Réputées pour la richesse des plantes et des animaux qu’elles abritent, ces forêts se caractérisent également par un fort taux d’endémisme et leur grande variété d’écosystèmes : forêts sèches, mangroves, forêts humides, forêts littorales, forêts marécageuses, forêts d’altitude… Parmi tous les milieux forestiers ultramarins, la forêt équatoriale de Guyane, qui couvre 96 % des 8 400 000 hectares de cette collectivité territoriale, est l’une des plus riches de la planète. Le nombre d’espèces végétales et animales s’y élève à 400 000, dont 1 300 essences d’arbres.

Crique de l'Armontabo © DURRENBERGER Jacklyn - ONF

Crique de l’Armontabo se déversant dans le fleuve Oyapock, Guyane

400 000 nombre estimé d’espèces végétales et animales dans la forêt guyanaise, l’une des plus riches de la planète

Grâce à sa biomasse et à ses sols, elle joue un rôle majeur en tant que stock de carbone, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique. Selon un récent rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la quantité de carbone stockée par la forêt guyanaise serait de l’ordre de 330 tonnes par hectare, soit 2,6 milliards de tonnes4 pour l’ensemble de ce territoire. À titre de comparaison, le stock moyen à l’hectare de carbone des forêts de l’Hexagone est deux fois moins important.

Contributeur : Antoine Colin,
Chef adjoint du service de l’information forestière de l’IGN, coordinateur de l’Observatoire des forêts françaises


Des écosystèmes forestiers très diversifiés

Des hêtraies-chênaies atlantiques aux pinèdes méditerranéennes, en passant par les forêts tropicales humides de Guyane, la France abrite l’une des palettes forestières les plus riches d’Europe et d’outre-mer.

Quatre écosystèmes forestiers présents sur notre territoire

Forêt de plaine

C’est la forêt qui couvre la plus grande surface sur le territoire hexagonal.
Exemples : forêt domaniale de Val-Suzon (Côte-d’Or), forêt domaniale de la Londe-Rouvray (Seine-Maritime), forêt domaniale de Montmorency (Val-d’Oise)
Types d’essence : principalement des feuillus (chêne, hêtre)

Forêt de montagne

Elles remplissent un rôle important de prévention des avalanches, des chutes de pierres, des glissements de terrain et de protection des sols.
Exemples : massif de l’Aigoual (sud du Massif central), forêt domaniale de la Grande Chartreuse
Types d’essence : feuillus (chênes, hêtres) et résineux (pins, sapins, mélèzes et épicéas) mélangés selon les zones et les altitudes

Forêt méditerranéenne

On la trouve dans quatre régions : Corse, Occcitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes.
Exemples : forêt territoriale de Vizzavona (Haute-Corse), forêt domaniale de l’Estérel (Var)
Types d’essence : pin d’Alep, chêne-liège, châtaignier…

Forêt d’outre-mer

Les forêts d’outre-mer se caractérisent par l’endémisme des espèces qu’elles abritent ainsi que par une grande diversité des types de forêt.
Exemples : forêt de Tamarin (La Réunion), forêt tropicale humide de Guyane, vallée de Beaugendre (Guadeloupe)
Types d’essence : fromager de Saül (Guyane), Tamarin des Hauts (La Réunion), Gliricidia sepium (Martinique)

190 essences d’arbres sont présentes sur le territoire de la France hexagonale, soit 75 % des essences présentes en Europe (5)

30 % des forêts françaises comportent plus de 4 essences, contre 26 % en moyenne dans l’Union européenne (6)

Forêts d'outre-mer : des taux de boisements élevés7

Guyane

La Guyane représente à elle seule 97 % des forêts d’outre-mer avec 8 millions d’hectares de forêt, soit 96 % de son territoire.

Martinique

Avec 52 670 ha, la forêt de Martinique représente 50 % de son territoire.

Guadeloupe

Avec 76 600 ha, la forêt de Guadeloupe représente 47 % de son territoire.

La Réunion

Avec 76 160 ha environ, la forêt de La Réunion représente 31 % de son territoire.

Mayotte

Avec 9 600 ha environ, la forêt de Mayotte représente 26 % de son territoire.

8,2 millions d’hectares Superficie couverte par les forêts d’outre-mer(8)

66 300 hectares Superficie de mangroves(9) recensée sur le territoire national, dont 60 000 ha pour la seule Guyane (91 % des mangroves françaises)(8)


Retrouvez cet article dans l'édition 2026 de l'Atlas « Cartographier l'anthropocène »

Des cartes pour penser la forêt

  • 110 pages de cartes, schémas et décryptages
  • 18 experts et cartographes mobilisés

1 Source : IGN, Mémento de l’Inventaire forestier national, 2025
2 Source : UNECE/FAO, State of Europe’s Forests 2025
3 Source : Ripisylves et forêts alluviales - Connaissances et gestion en contexte de changements globaux, M. Villar, R. Chevalier, S. Dufour, éd. Quæ, 2025
4 Source : FAO, « Évaluation des ressources forestières mondiales », 2025
5Source : Ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, « La forêt francçaise en chiffres », agriculture.gouv.fr
6 Source : IGN, « Les forêts françaises en 2026 : une gestion durable à l’épreuve des changements globaux », 07/2025, ign.fr
7 Source : Office national des forêts, « Les forêts de nos territoires », onf.fr
8 Source : Observatoire des forêts françaises, « Présentation des forêts d’outre-mer », onf.fr
9 Une mangrove est un ensemble de végétation se développant dans la zone entre marées et régions littorales. Source : wwf.fr

Mis à jour 15/09/2026

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