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87 % des Français plébiscitent des outils cartographiques souverains [Sondage exclusif]

[SOUS EMBARGO Jusqu’à jeudi 25 juin – 9h du matin] L’IGN a sondé les Français sur leurs attentes en matière de cartographie numérique. 87 % d’entre eux souhaitent des outils publics indépendants des GAFAM et une large majorité se dit prête à changer d’usage pour adopter une alternative développée par le service public.

Publié le 22 juin 2026

Temps de lecture : 8 minutes

L’IGN a interrogé les Français sur leurs usages et leurs attentes en matière de cartographie numérique, devenue un réflexe quotidien pour des millions d’entre eux.

Les résultats dessinent un constat sans ambiguïté : 87 % des personnes sondées jugent indispensable ou important que l’État développe, possède et gère des outils publics de cartographie indépendants des grandes multinationales américaines ou chinoises.

Autre enseignement majeur : plus de huit Français sur dix se déclarent prêts à modifier leurs habitudes pour privilégier un outil « made in France ». « Les Français ont la conviction que l’État doit se saisir du sujet, et il existe une véritable sensibilité à l’enjeu de souveraineté d’un tel outil », analyse l’institut Ipsos BVA, auteur de l’étude1 . Revue de détail.

Infographie Ipsos

Lire la transcription textuelle de l'infographie

LES FRANÇAIS ET LA CARTOGRAPHIE

Cette infographie met en avant les principaux résultats d'un sondage réalisé par Ipsos BVA pour l'IGN.

  • 87 % des Français jugent indispensable ou important un outil public de cartographie.
  • 73 % des Français préfèrent une carte produite par une institution publique française plutôt que par une grande entreprise technologique internationale.
  • 56 % des Français affirment être dérangés par le fait que certaines applications de cartographie enregistrent et stockent leurs déplacements, recherches et habitudes de navigation.
  • 78 % des Français pensent que l'État devrait investir massivement dans le développement d'outils numériques souverains

Sondage Ipsos BVA réalisé pour l’IGN. Enquête menée du 13 au 19 mai 2026, auprès d'un échantillon national représentatif de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, interrogées par Internet. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, profession, catégorie d'agglomération, région. 

Un usage totalement banalisé avec Google Maps en leader du marché

L'enquête confirme d’abord l'ancrage profond des outils cartographiques dans le quotidien des Français : 55% d’entre eux les utilisent au moins une fois par semaine (la proportion atteint même les trois quarts chez les plus jeunes).

Cet usage intensif se concentre avant tout sur la recherche d’itinéraires, la préparation de trajets et le calcul des temps de déplacement, devenus des réflexes numériques largement partagés.

Dans ce secteur crucial, la dépendance aux mastodontes de la Silicon Valley est écrasante. Le marché, dans un état de quasi-monopole, profite avant tout à Google Maps et Waze, tous deux propriétés d’Alphabet, maison-mère de Google.

A la question ouverte « De quelles informations auriez-vous besoin que vous ne trouvez pas aujourd’hui dans les outils de cartographie en ligne ? », on notera que, parmi les sondés, la réponse la plus fréquemment revenue (41%) vise le manque d’informations relative aux lieux et points d’intérêt, tels que les lieux touristiques monuments, la nature, les parcs et forêts… Une attente semblant confirmer le besoin croissant de cartographies plus riches et contextualisées, capables de dépasser la seule logique de déplacement pour offrir une compréhension plus fine du territoire.

Cartes.gouv.fr

Plus de huit Français sur dix prêts à changer leurs habitudes pour un outil souverain

Enseignement le plus marquant de cette enquête : 81 % des Français se déclarent prêts à modifier leurs usages pour privilégier un outil de cartographie indépendant et souverain, développé par les services publics français. Près d’un tiers (30 %) se dit même « tout à fait prêt » à franchir ce pas, signe d’une adhésion profonde à l’idée d’une cartographie numérique souveraine.

Les motivations avancées dessinent trois priorités clairement identifiées :

  • « L’indépendance et la souveraineté » sont citées par 37 % des répondants, qui souhaitent ne plus dépendre des GAFAM et des entreprises étrangères.
  • La protection des données personnelles : pour 34 % d’entre eux, garantir que leurs informations ne soient ni stockées ni revendues constitue un enjeu central.
  • La qualité du service : à condition que celui-ci soit performant et régulièrement mis à jour, 18 % des sondés se disent prêts à changer d’outil.

Des résultats qui traduisent « une volonté réelle de changer leurs habitudes pour trois Français sur dix. Des leviers de changement existent », analyse Ipsos BVA.

Une demande citoyenne claire : l’État appelé à investir davantage

Dans ce sillage, les résultats du sondage révèlent aussi une attente nette : 87 % des Français jugent indispensable ou important que l’État développe, possède et gère des outils publics de cartographie. Une exigence particulièrement élevée, au même niveau que celle pour les services de santé numérique, et loin devant le développement d’outils d’IA générative notamment.

Plus largement, 78 % des personnes interrogées souhaitent que les pouvoirs publics investissent massivement dans des outils numériques souverains, une position largement partagée, quels que soient l’âge, la catégorie sociale ou le territoire.

Cette aspiration se traduit par des préférences explicites :

  • Huit Français sur dix privilégient une carte gratuite financée par le service public plutôt que par la publicité ou l’exploitation de leurs données personnelles.
  • 73 % préfèrent un outil conçu par une institution publique française plutôt qu’un service émanant d’une grande entreprise technologique internationale.

Si les motivations avancées sont multiples, les Français veulent d’abord réduire leur dépendance aux GAFAM, plus largement aux technologies étrangères, dans un contexte où les enjeux géopolitiques autour du numérique se renforcent. Cela dit, leur préoccupation première demeure la protection de leurs données personnelles, qu’ils citent comme la raison majeure justifiant un investissement public accru.

La protection des données, préoccupation majeure des citoyens

Le sondage met en effet en lumière une prise de conscience désormais largement partagée : 69 % des Français savent que les applications de cartographie stockent leurs données de déplacement et leurs habitudes de navigation, et 56 % déclarent que cela les dérange. Autrement dit, près de sept Français sur dix sont conscients de ces pratiques, et une majorité y voit un problème.

Les attentes en matière de protection sont particulièrement élevées. 93 % des sondés jugent important à très important d’utiliser un outil qui ne revende ni ne réutilise leurs données, et 82 % estiment important à très important qu’aucune information personnelle ne soit collectée ni stockée. La demande d’un environnement numérique plus sûr et plus respectueux de la vie privée apparaît ainsi comme un moteur central de l’adhésion à une cartographie souveraine.

À la recherche d’un outil fiable, simple et « neutre »

L’enquête révèle en outre des attentes fortes en matière de fiabilité, de simplicité et de neutralité. Cette neutralité renvoie à un ensemble d’exigences : des informations factuelles, équilibrées, indépendantes, ne mettant pas en avant un type de contenu plutôt qu’un autre. Les Français souhaitent avant tout accéder à des données fiables, détaillées et à jour, via un outil facile d’utilisation et affranchi de logiques commerciales ou d’algorithmiques opaques.

1 Sondage Ipsos BVA réalisé pour l’IGN. Enquête menée du 13 au 19 mai 2026, auprès d'un échantillon national représentatif de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, interrogées par Internet. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, profession, catégorie d'agglomération, région.

Mis à jour 22/06/2026

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