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08/10/2012
Litto3D®, un outil de gestion intégrée des zones côtières
Litto3D®

L’IGN et le SHOM (Service hydrographique et océanographique de la Marine) se sont associés pour produire un modèle numérique altimétrique de référence continu terre-mer sur la frange littorale. Ce modèle, nommé Litto3D®, permet une gestion raisonnée du littoral.

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Thèmes et objectifs

Le littoral français se caractérise par la diversité géographique et l’étendue de son linéaire côtier : 5 165 km de côtes en métropole sur trois grandes façades maritimes (de la Manche-Mer-du Nord, de l’Atlantique et de la Méditerranée) et 12 602 km pour l’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Guyane, Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon).

Le littoral fait l’objet de multiples utilisations et d’autant de pressions : urbanisation, activités économiques portuaires, pêche et cultures marines, extractions, tourisme... C’est un espace à fort enjeu économique, convoité, mais qui est extrêmement fragile et menacé sous l’effet de plusieurs facteurs : l'érosion des côtes, les tsunamis, les tempêtes, la très forte densité de population, le changement climatique, les pollutions accidentelles.

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Actions réalisées

Le programme français Litto3D® vise à produire un modèle numérique altimétrique de référence continu terre-mer sur la frange littorale à partir de relevés du relief terrestre et de mesures de profondeurs marines, de manière à disposer d’une connaissance précise de l’ensemble du littoral métropolitain et ultramarin.

La bande littorale concernée, qui couvre 45 000 km2, va :

  • En mer, jusqu’à la courbe bathymétrique continue de 10 mètres de profondeur et au plus jusqu’à six milles marins de la côte ;
  • Sur terre, jusqu’à l’altitude + 10 mètres et au moins jusqu’à 2 kilomètres à l’intérieur des terres.

Acteurs impliqués

Les initiateurs : après les catastrophes de l'Erika et du Prestige, l'Europe a pris conscience de l'importance du littoral et a recommandé dès 2002 aux Etats membres de procéder à un inventaire détaillé du littoral. Le comité interministériel de la mer (CIMER) du 29 avril 2003 a alors prescrit à l'IGN et au SHOM de « s'associer afin d'étudier la manière de produire le référentiel géographique du littoral (RGL) ».

En décembre 2009, le Comité interministériel de la mer confirmait le caractère indispensable de « l’établissement d’un référentiel continu et précis de notre littoral métropolitain et ultramarin […] pour l’aménagement du territoire, le développement de projets et la prévention des risques ».

Les partenaires : pour constituer ce référentiel « terre-mer » nommé Litto3D®, le Service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM) et l’Institut géographique national (IGN) ont associé leurs moyens et leurs savoir-faire.

Moyens et ressources mobilisés

Le coût de constitution du référentiel Litto3D® est d’environ 400 € / km² pour la partie terrestre et de 1300 à 2000 € / km² pour la partie maritime, soit un budget maximal de l’ordre de 50 millions d’euros pour l’ensemble du programme, partiellement financé par l’IGN et par le SHOM dans le cadre de leurs missions de service public.

Pour la partie terrestre, le programme Litto3D® s’effectue à partir de campagnes aériennes de mesure LIDAR (Light Detection and Ranging), c’est-à-dire par radars embarqués dans des avions de la flotte IGN. Toutes les côtes de France métropolitaine et d'outre-mer sont mesurées jusqu'à l'altitude 10 mètres et jusqu'à 2 kilomètres à l'intérieur des terres.

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Pour la partie maritime, le programme Litto3D® s’effectue à partir de levés bathymétriques aéroportés réalisés par le SHOM, complétés si nécessaire par des sondeurs multifaisceaux à bord de bateaux.
Les mesures sont effectuées tous les cinq mètres et dans une limite de six milles marins au large.

Résultats et perspectives

Les points laser acquis représentent l’altitude ou la profondeur détectée. Les « nuages de points » obtenus par le retour des ondes sont contrôlés notamment par des mesures GPS au sol. Les éventuels décalages entre les bandes de survol et les mesures au sol sont redressés. Les opérateurs s’appuient aussi sur des photographies aériennes synchronisées aux mesures LIDAR pour éliminer les points parasites. Des post-traitements automatiques puis manuels suppriment le sursol (végétation, bâtiment, véhicules..) pour obtenir la représentation la plus fidèle du sol.
La précision moyenne des modèles numériques obtenues est de 20 cm en altitude pour la partie terrestre et de 60 cm pour la partie maritime.

Litto3D® constitue le socle de données indispensables à la mise en oeuvre de politiques publiques de la mer et du littoral : prévention des risques (tsunami, houle cyclonique, élévation des eaux, submersion marine, inondation…) ; protection du littoral (modification des côtes par érosion, protection de la faune et de la flore…) ; délimitation maritime ; aménagement du territoire ; développement économique (ports, tourisme et industrie…) ; exploitation de ressources énergétiques ; études et recherches scientifiques ; défense et sécurité nationale (opérations de débarquement ou d’évacuation, surveillance côtière…).

FEDER

Mis à jour le 13/06/2013

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URL source: http://www.ign.fr/institut/dossiers/litto3dr-outil-gestion-integree-zones-cotieres