Défense et Espace
La direction Défense & Espace à l'IGN
En 2010, l'Institut géographique national a créé la direction Défense & Espace, organisée en deux services et deux départements.
Le service des grands projets défense, basé à Saint-Mandé, assure la maîtrise d'ouvrage déléguée de productions industrielles d’informations cartographiques sur les théâtres étrangers pour le compte du ministère de la Défense.
Le service IGN Espace, basé à Toulouse, porte depuis plus de 20 ans l’expertise et les capacités opérationnelles de l’IGN pour l’exploitation des images des satellites d’observation, à des fins civiles ou militaires. Il apporte aussi son support à l’IGN sur l’outil de traitement d’images GeoView®.
Cette direction comprend également le département en charge des prestations réalisées au bénéfice de l’EGI (établissement géographique interarmées) basé à Creil dans l'Oise.
Enfin, un département, basé à Saint-Mandé, est en charge des relations contractuelles.
Défense
- Un lien historique entre l'IGN et le ministère de la Défense
- Une nécessaire augmentation de la contribution de l'IGN aux missions de la défense
- Le dispositif retenu et les implications pour l'IGN
Imagerie satellitaire
Un lien historique entre l'IGN et le ministère de la Défense
L’article 4 du décret statutaire de l’IGN dispose que « L'exécution des travaux demandés par le ministre de la Défense est assurée en priorité. L'institut assure la formation technique en géographie et cartographie des personnels relevant de ce ministre.».
A ce titre et de façon historique, l’établissement travaille au profit de la défense, principalement dans le domaine de la cartographie ; tel est notamment le cas de la cartographie du territoire national au 1 : 50 000 et des séries cartographiques spécifiques militaires, qu’elles soient terrestres ou aéronautiques.
De la même façon, l’institut forme des officiers accueillis dans les cycles d’ingénieur de l’école nationale des sciences géographiques.
Depuis la fin des années 1990, la nécessité de disposer de données
numériques sur tous les théâtres potentiels d’opération, d’utiliser
dans les meilleures conditions possibles l’imagerie spatiale ou
d’échanger des données avec nos alliés ont conduit le ministère de la
Défense à faire appel de façon de plus en plus importante à
l’établissement. Ce recours à l’IGN s’est amplifié avec le lancement en
2002 du programme DNG3D (données numériques géographiques 3D),
programme majeur de la défense dont l’objectif est de constituer et
d’entretenir un patrimoine de données génériques au profit des
programmes utilisateurs (systèmes d’armes et systèmes d’information).
Actuellement, les principales activités de l’IGN concernent :
- la cartographie à usage militaire du territoire national ;
- la constitution du référentiel géographique guyanais ;
- la production, en coédition avec la société SPOT Image, filiale d’EADS/Astrium, de la couche de fond Géobase/Référence3D d’imagerie et d’altimétrie du programme DNG3D ;
- l’accompagnement et le contrôle qualité des productions cartographiques industrielles Topobase de ce même programme ;
- la mise à disposition de personnels au profit de l‘établissement géographique interarmées (EGI) à Creil ;
- le soutien technologique : mise à disposition de résultats de l’activité de recherche et développement, expertises pour la préparation du futur, représentation de la Défense dans les instances internationales de normalisation,… ;
- la formation à l’ENSG ;
- la gestion du patrimoine de produits ou de données géographiques.
Une nécessaire augmentation de la contribution de l’IGN aux missions de la défense
L’importance croissante de la capacité « géographie militaire » pour la mise en œuvre des armements et le commandement implique de rénover et renforcer le dispositif de la défense en matière de géographie. A la suite de travaux menés conjointement par l’établissement, la délégation générale pour l’armement et l’état-major des armées tout au long de l’année 2006, s’appuyant sur le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, le directeur du cabinet du ministre de la défense a informé en septembre 2008 ses homologues des ministères de tutelle de l’IGN du soutien qu’il attendait de l’Institut afin qu’il en soit tenu compte dans l’élaboration de son contrat d’objectifs et de performances. Le directeur du cabinet du ministre en charge du développement durable a répondu favorablement à cette sollicitation considérant que les activités concernées étaient conformes aux missions de l’établissement et s’inscrivaient positivement dans la stratégie qui devait être la sienne.
Le dispositif retenu et ses implications pour l’IGN
L’IGN intervenait au profit du ministère de la Défense dans le cadre d’un protocole tripartite conclu en juin 2000 avec l’état-major des armées et la délégation générale pour l’armement. Le nouveau dispositif IGN est actionné par la DGA au travers d'un accord cadre délégant à l'IGN des activités régaliennes au service de la Défense, tant de la DGA que de l'EMA, conclu en mai 2010. En complément, un nouveau protocole définit le cadre général des relations de partenariat entre la Défense et l’IGN.
Compte tenu de la relation étroite entre les secteurs de la défense et de l’espace, ce dernier étant le principal fournisseur de données de base pour les informations géographiques utiles pour les activités de défense, il est opportun que la nouvelle direction soit également chargée des relations avec le secteur spatial (en particulier les relations institutionnelles avec le CNES), y compris lorsque celles-ci ont une finalité civile et sans préjudice des responsabilités confiées dans ce domaine à la direction technique en matière de politique industrielle, de recherche et de développement. Ce choix est justifié par l’enjeu que représente par ailleurs pour l’IGN l’utilisation à des fins civiles de l’imagerie satellitaire à très haute résolution, les images des satellites Pléiades étant très attendues.
Enfin, dans l’objectif de garantir une plus grande efficacité dans la gestion des priorités et la satisfaction des besoins du ministère de la Défense, les deux unités majoritairement impliquées dans les opérations au bénéfice de la défense, le service IGN Espace et le département d’assistance à l’EGI, sont rattachés à cette direction assurant ainsi à la fois des rôles de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre internes.
IGN Espace
Télécharger la plaquette de présentation IGN Espace, pdf de 2,2 Mo
L’implication de l’IGN dans le secteur spatial s’est traduite en 1989 par la création à Toulouse du service IGN Espace, employant aujourd’hui plus de 80 personnes, en charge d’expertise et de traitement et de l’utilisation des images satellitaires.
Film de présentation IGN Espace :
L’imagerie spatiale au service de l'information géographique
Depuis plus de 20 ans, IGN Espace apporte son expertise au CNES pour la définition des capteurs d’images installés sur les satellites pour l’observation de la terre. Il étudie aussi les caractéristiques géométriques des vues produites par les nouveaux satellites pour permettre leur exploitation. Après les images des satellites taïwanais Formosat et indien Cartosat, c’est celles du satellite coréen Kompsat qui ont été étudiées en 2008. Le service se prépare aujourd’hui à l’arrivée de Pléiades qui offrira avec ses deux satellites des images d’une résolution de 70 cm par pixel, qui se rapproche des résolutions photographiques aériennes.
Simulation de l’acquisition par le futur satellite Pléïades à 700 km d’altitude
de la place du Capitole à Toulouse
Les satellites présentent l’avantage de pouvoir survoler de grandes surfaces, avec une bonne répétitivité, partout dans le monde. Ces caractéristiques en font des vecteurs privilégiés d’observation pour les armées. Dans le cadre des programmes militaires DNG3D et GEOD4D destinés à l’information géographique de la défense nationale française, IGN Espace intervient en tant qu’organisme de référence pour la production, la maîtrise d’ouvrage et le contrôle qualité des données, ce dernier ayant fait l’objet d’une certification ISO 9001 obtenue en novembre 2008 et reconduite les années suivantes. Il produit notamment, en collaboration avec SPOT Image, Geobase, la couche géographique de fond de la défense nationale : un modèle numérique d’élévation (représentation du relief du terrain, précision 15 m) superposable à une ortho-image (vue satellitaire, résolution 5 m) et des métadonnées sur la qualité des images et leur traçabilité. Une première phase de production s’est achevée en 2008 : Geobase couvre désormais 30 millions de km², soit un cinquième des terres émergées du globe. Sa version commercialisable, Reference 3D, a été acquise cette même année par les défenses nationales américaine, allemande et japonaise. Une deuxième phase de production a débuté en 2010 et son objectif est de couvrir 50 Mkm² supplémentaires. La reconnaissance de l’expertise spatiale IGN par les armées ne s’arrête pas à la seule fourniture de données ou au contrôle de leur qualité : aux termes d’un marché conclu en juillet 2008, l’outil de traitement d’imagerie aérienne développé par l’IGN pour ses propres besoins, GeoView®, est adapté pour servir de socle à la nouvelle chaîne de production de données géographiques de l’armée prévue dans le cadre du programme Kheper.
Parallèlement à cette importante activité défense, IGN Espace intervient dans le domaine civil et institutionnel, en relation avec le Ministère, le CNES, Spot Image, IGN France International et plus largement avec le secteur industriel. A partir des prises de vue des satellites, il produit des orthoimages, des modèles numériques de terrain et des produits cartographiques finis. Il contribue à de multiples projets internationaux de cartographie spatiale. Il a par exemple finalisé en juin 2008 la cartographie du Sénégal à l’échelle du 1 : 200 000 (1 cm = 2 km). Ce premier grand projet de cartographie systématique d’un pays à partir d’images satellites a suscité un tel intérêt que l’Union européenne, initiatrice, souhaite en réitérer le principe sur les pays frontaliers. Un projet similaire a ainsi démarré en 2011 pour couvrir le Burkina. Au-delà de la réalisation de produits, IGN Espace participe à des projets de transfert de compétence et de technologies. Il participe par exemple activement aux côtés de l’École nationale des sciences géographiques (ENSG) au programme actuel de formation des cadres de l’agence spatiale thaïlandaise (GISTDA) pour accompagner l’acquisition par la Thaïlande auprès d’EADS-Astrium d’un satellite en orbite basse.
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Un projet de cartographie pour la Guyane
Au titre d’un accord signé en novembre 2008, IGN Espace a réalisé une cartographie régulière de la Guyane en exploitant des images satellitaires acquises par la défense nationale auprès de SPOT Image. Une telle carte reste impossible à réaliser par des moyens classiques du fait du très fort encombrement nuageux du ciel guyanais. IGN Espace assemblera donc des parties d’images sans nuages acquises lors de multiples passages des satellites au dessus de ce département français. Une cartographie à l’échelle du 1 : 50 000 est produite à partir de cette mosaïque « dénuagée », en 84 feuilles. Cette production sera terminée fin 2011. L’image satellite et la carte sont notamment utilisées pour la sécurité civile et pour une meilleure surveillance de la forêt amazonienne dans le cadre du protocole de Kyoto.
La partie supérieure de l’image correspond à une acquisition brute. La partie inférieure, obtenue à partir de plusieurs acquisitions brutes à des dates différentes, est dénuagée.
GeoView®
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